Marcel Hüppauff, l'homme qui « pain »

La galerie Phantom Projects accueille, jusqu'au 30 août, l'artiste allemand Marcel Hüppauff pour sa deuxième exposition personnelle en France. Après Paris en 2010, c'est à Troyes qu'il pose ses toiles.

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Avec L'homme qui « pain », titre de son exposition dans la cité tricasse, Marcel Hüppauff assume avec intensité la peinture comme moyen et but. Né en 1972 à Stuttgart, Marcel Hüppauff suit d'abord un classique cursus d'histoire de l'art, avant de participer, à Hambourg en 1996 aux activités alternatives de l'Akademie Isotrop, une école d'art indépendante et expérimentale, avec notamment des artistes comme André Butzer ou Jonathan Meese. L'artiste a abandonné la figuration de ses débuts pour se concentrer sur les couleurs et sur la lumière, qui vient de l'intérieur de sa toile vers le spectateur. Chez Marcel Hüppauff, la peinture est question de sensation. Ses toiles ne racontent pas d'histoires, juste celles que s'inventent le spectateur. Elles n'ont d'ailleurs pas de nom. Il fait partie de ces artistes qui recherchent ce qu'est la peinture. Selon son ressenti, il laisse s'exprimer les couleurs, une large palette qui rend son univers apaisant ou parfois inquiétant.
Il joue avec ses tonalités et le vert revient souvent sur sa palette. En peinture, cette couleur fut longtemps un pigment volatile et avait tendance à se décolorer. Bien des peintres du XIXe siècle en furent victimes car le pigment vert obtenu en mélangeant le bleu de Prusse et le jaune du chrome résistait mal aux effets de la lumière et du temps qui passe. Ce désamour pour le vert continue au XXe siècle. Mondrian le jugeait comme étant "une couleur inutile". Kandinsky, encore plus dur , disait : "Le vert est une couleur statique, passive, semblable à une grosse vache, capable seulement de ruminer en contemplant le monde de ses yeux stupides et inexpressifs." Pour Marcel Hüppauff, « la teinte verte elle-même, elle dont tous les bons peintres ont cherché à se débarrasser depuis des siècles pour ce qu'elle exhale l'haleine de la représentation, est nullement notre ennemie : nous l'accueillons et lui offrons de l'espace où s'ébrouer, de manière qu'elle puisse s'étaler sur la toile et parvienne enfin à accomplir sa finalité inconnue ».