Dans le monde du Nouveau réalisme de Raymond Hains

32 ans après l'avoir dévoilée au public troyen, Passages réactive l’exposition Paris-Pâris de Raymond Hains à l’occasion de Passages / nocturne et sa suite offrant un nouveau regard sur ces œuvres fondatrices.

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C’est à Nice que Raymond Hains découvre Troyes suite à l’achat d’un roman de Chrestien de Troyes. Sa première venue en août 1984 fut déterminante et marqua le début d’un long travail à la quête du cheval de Troie. Résultat de ses recherches, l’exposition Paris-Pâris sera réalisée au Centre d’art contemporain / Passages par le Frac Champagne-Ardenne en 1987. Elle marqua un tournant dans la vie de l’artiste puisqu’elle mis fin à sa carrière d’affichiste pour devenir ce que l’on pourrait appeler un archéologue des évidences. C’est à ses affiches lacérées, récupérées sur des palissades, qu’il doit sa renommée mais son œuvre ne se limite pas à cela puisque l’artiste s’était intéressé à la photographie dès 1944. Le passage de l’affiche à la fiche s’est opérée durant les années 1970. En effet, pour ses recherches, l’artiste consultait de nombreux ouvrages qu’il annotait et dont il dressait des fiches. Cet ensemble était ensuite rangé par thématique dans des valises bleues Airbus. Son art s’est développé autour du principe de mnémotechnique, par association de mots, de coïncidences de rencontre, de lectures et de voyages. D’après lui, les œuvres d’art peuplent notre quotidien et il ne fait que nous les révéler. Ses photographies étaient des constats de la réalité qu’il réalisait lors de ses voyages dirigés par des lectures et des rencontres. Dans l’ensemble, ses œuvres sont le reflet du voyage mental que l’artiste a mené et nous plongent dans son intimité.

Hommage à l’artiste

A l’occasion de la réactivation de l’exposition Paris-Pâris, Joël Ducorroy rend hommage à Raymond Hains avec Hainscription. « Artiste plaquetitien », il utilise des plaques d'immatriculation sur lesquelles il fait emboutir des mots. Il crée un univers ambigu et obsédant, où l’objet n’existe que par le mot qui le désigne, où le spectateur est obligé d’imaginer ce que l’artiste crée. «  Quand je passe devant un chantier avec des palissades je pense à Raymond Hains. C’est la culture ou la connaissance sur le beau qui me vient en tête. Ce que j’aimais chez lui, c’est qu’une œuvre ne se suffit pas à elle-même, elle est à terminer, à compléter, avec une autre œuvre éventuellement. Une photo, une rencontre, la vie de l’artiste explique les œuvres. », souligne Joël Ducorroy. Lors de la visite de l’exposition, le spectateur reconnaîtra la valise, clin d’œil à ses célèbres valises Airbus et ses boîtes en carton colorées dans lesquelles il gardait souvenirs, traces de voyages, mais surtout des livres ou fiches de lectures. Sans oublier sa quête du cheval de Troie… A découvrir jusqu’au 7 mai !

Informations

Centre d’art contemporain / Passages

Date
Jusqu'au 7 mai
Lieu
9 rue Jeanne d’Arc 10000 Troyes
Entrée gratuite