L'UPOP' Aube ou la culture scientifique pour tous

Depuis avril 2013, l'université populaire de l'Aube (ou UPOP) permet, de conférence en conférence (plus de 100 déjà !), d'assurer la réappropriation du patrimoine culturel, scientifique et philosophique, y compris (voire surtout) par un public n'ayant pas fréquenté les bancs des universités.

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C'est ainsi que, de Saint-Julien-les-Villas à Romilly-sur-Seine, l'UPOP accueille des conférenciers passionnants, parlant gratuitement de politique, d'histoire, de patrimoine, de philosophie ou de sciences. Dans une époque où le savoir est si compartimenté, cette transversalité a quelque-chose d'extrêmement salutaire. Lors de la conférence d'Axel Kahn du 28 février, la réflexion croisée entre génétique et éthique a ainsi permis à l'amphithéâtre comble de confronter les raisonnements purement technicistes aux projets de société et à une sorte de récit commun.

Un programme de l'UPOP qui s'annonce particulièrement dense

Dès le 2 mai, une fois n'est pas coutume, un ciné-débat au au CGR de Troyes sera organisé conjointement avec l'espace Pierre Chaussin et l'association MHRE89 (mémoire et histoire des Républicains Espagnols de l'Yonne). A l'affiche, le film espagnol Le Silence des autres, relatant les démarches actuelles en vue de traduire en justice les auteurs d'exaction de l'époque franquiste. Le débat sera animé en compagnie d'Elena Guja, avocate aux barreaux de Barcelone et Paris, et Émile Navarro, réalisateur documentariste. Rendez-vous à 19h.

Le 15 mai à 18h30 à la maison du Patrimoine de Saint-Julien, Florian Berrouet, dans sa conférence Femmes : la naissance de l'homme, tentera de nous expliquer pourquoi les statuettes et gravures anthropomorphes des civilisations européennes réalisées entre – 40 000 et – 15 000 représentent presque exclusivement des femmes.

Le 23 mai, encore à 18h30 à la maison du Patrimoine de Saint-Julien, nous narrerons un volet méconnu de Clairvaux : son rôle de prison de guerre. De 1939 à la Libération, cohabitèrent en effet prisonniers de droit commun et prisonniers politiques, y compris ceux en transfert vers l'Allemagne.

Le 18 juin, même heure et même lieu, Françoise Verges, nièce de l'avocat Jacques Verges mais surtout fille de Paul Verges, fondateur du parti communiste réunionnais, évoquera le féminisme décolonial.

En complémentarité avec d'autres conférences plus scientifiques, allant même jusqu'à parler de l'improbable rapprochement entre théories quantiques et relativistes, l'UPOP permet ainsi à toute la population d'explorer tous les champs de la culture et de la connaissance. À une époque où les questionnements sur le fonctionnement des institutions politiques et le poids de l'expertise deviennent récurrents, la mise à disposition gratuitement d'un savoir en tant qu'outil d'émancipation individuelle et collective fait partie de ces leviers plus que jamais nécessaires à la remontée en puissance du débat démocratique et de l’écriture d’un récit commun. De plus, la grande qualité des conférences, réalisées qui plus est bénévolement par les intervenants, n'est jamais incompatible avec leur compréhension par le grand public, qui se montre bel et bien capable de s'élever du moment qu'on ne l'infantilise pas...

Ainsi, comme l’indique Jean Lefevre, le Président de l’association, « l’Upopaube donne de la brioche au peuple quand celui-ci manque de pain culturel. »