De bar en bar - épisode 2, The Message

« On n'est pas un bar, on est un disquaire ! », proteste gentiment Stéphane, la moitié de l'équipe du Message, à l'annonce du concept de la série. Pourtant, si les bacs de vinyles et l'étagère de CD semblent aller dans son sens, la rangée de clients alignés au comptoir et la bonne humeur collective pour le café méridien indiquent qu'on est également dans un bar.

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De toute façon, quelque soit la définition que l'on donne au lieu, il faut que reconnaître que le Message a su, tout au long de ses quatre années d'existence, s'imposer dans le paysage culturel troyen. Où l'on n'écoute pas seulement du rock-garage-psyché...


Le Troisième Œil : Salut Stéphane. Tu es, avec Dimitri, le co-fondateur et co-gérant du Message, peux-tu nous raconter sa genèse ?

Stéphane : Dimitri et moi nous connaissions auparavant à Paris. J'étais disquaire, d'abord à la Fnac, puis de manière indépendante, avec mon bar-disquaire (le Walrus) et lui travaillait pour un label. Nous sommes devenus potes, puis avons eu l'idée d'ouvrir un bar-disquaire à Troyes, en raison des attaches de Dimitri. Le Message a ouvert en novembre 2014. Pour ma part, à part quelques coups de main épisodiques, je suis arrivé à l'été 2015.

L.T.O. : Et les concerts, cela faisait-il partie du concept dès le début ?

S. : Pas à ce rythme en tout cas ! Nous nous sommes toujours considérés comme un disquaire avant tout, ce qui fait que nous proposions de temps à autre à des artistes que nous aimons de se produire notamment à l'occasion de la sortie d'un nouveau disque. De fil en aiguille, par le bouche à oreille, cela a pris une toute autre ampleur, pour atteindre à peu près au bout d'un an la cadence actuelle, avec au moins deux concerts par semaine. Ce sont en général maintenant les tourneurs ou directement les groupes qui nous contactent pour jouer au magasin.

L.T.O. : C'est marrant que tu utilises toujours le terme « magasin » pour parler du Message...

S. : Eh oui, vendre des disques, ça reste notre métier premier !

Un client : Cela dit, tant qu'à faire disquaire et bar, vous pourriez aussi vendre des clopes et des jeux à gratter !

S. : (Rires) Ce n'est pas au programme ! Après, effectivement, on essaie de participer à la vie culturelle de la ville au-delà de la vente stricte. Outre la fête de la Musique et le Disquaire Day, on participe à l'organisation de Troublefête, avec l'association Vague à l'Âme. De manière générale, en complément des contacts que nous avons directement avec les groupes, nous permettons également aux associations locales, comme Vague à l'âme ou Datapanik (NDLR : relire à ce sujet notre article du 23 juin dernier), de programmer des concerts chez nous. Et, bien entendu, nous participons au Off Off Off des Nuits de Champagne.

L.T.O. : Les horaires, c'est un reste du concept des show-case ?

S. : C'est ça. Mais, finalement, on s'y retrouve bien, cela permet aux gens de venir pour l'heure de l'apéro, et surtout, cela préserve nos relations de voisinage.

L.T.O. : En ces quatre ans d'existence, quels ont été tes concerts préférés ?

S. : Difficile à dire...Lonker See, qui est venu cette semaine, c'était vraiment très bien. Sinon, Grand Veymont, qui d'ailleurs reviennent le 15 janvier. Ou ces hollandais qui faisaient du lo-fi, comment c'était déjà ? Ah oui, Canshaker Pi. Et puis Angry Skeletons aussi m'ont beaucoup plu. On programme tous les genres, tant que cela reste dans nos goûts, ce qui est assez vaste, au vu de la complémentarité entre Dimitri et moi !

L.T.O. : Tu peux nous parler rapidement de la programmation à venir ?

S. : Oui, bien-sûr...tout est bien en plus en janvier, très varié et international ! Cela commence avec les Belges de Deadine, qui viendront jouer de l'indie rock le 4, puis nous aurons de la synth pop avec SiAu le 11 et du desert rock le lendemain avec Enlarge Your Monster.

Grand Veymont, dont je t'ai déjà parlé, reviendra donc le 15. Le 17, nous aurons un jour un peu spécial, avec le folk d'Her Skin, suivi d'un atelier de guitares Cigar Box. Le 18 jouera Caavities, et le 19 sera l'occasion d'une soirée commune sur le thème du rock garage avec les Lorrains de Shake the Disease et Das WhizzZ. Commencera alors la période internationale : le 22, glam rock avec les Américains de Shakemuffin. Le 23, Datapanik prend possession des murs avec les Gallois de Chupa Cabra. Retour sur le continent avec la synth pop des Belges de Capelo le 24, suivi du songwriter italien Nero le 26. Et pour finir dans l'exotisme, nous aurons le 30 de la pop expérimentale en provenance de Russie avec Glintshake.