Un Gus qui gagne à être connu

De bar en bar - épisode 1, le Fer à Gus.

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Non, le Fer à Gus, rue Louis Ulbach, n'a pas été baptisé en hommage à l'empereur romain Auguste, à l'origine de la fondation de la ville de Troyes, appelée d'ailleurs Augustobona, à l'époque. Dans ce premier épisode de la série consacrée aux cafés programmant des concerts, Julien, le gérant, nous propose une explication de ce nom intrigant. Au-delà de l'anecdote liée au nom, la rencontre a surtout été l'occasion d'échanger sur la philosophie du lieu et sur la culture de proximité. Avec, bien entendu, la programmation à court terme.


Le Troisème Œil : Salut Julien. On ne va pas faire très original pour la première question : Peux-tu nous raconter la genèse du Fer à Gus ? Tu es Troyen ? Avais-tu déjà une expérience de bar avant ?

Julien : Ni l'un ni l'autre, je viens du Loiret (même si j'ai beaucoup bougé), et ma formation, c'est un DUT en génie civil ! Néanmoins, ouvrir un bar, cela a toujours été un rêve de jeunesse. Ainsi, après avoir mis en œuvre ma formation initiale dans des centrales nucléaires, j'ai eu envie d'autre chose et de franchir le cap. Pour des raisons familiales, j'ai regardé les villes comprises disons entre Tours et Reims, et le choix s'est très vite porté sur Troyes.

L.T.O. : Et le bar s'est ouvert de suite ?

J. : Non, j'ai essuyé des refus pendant deux ans au cours de ma recherche de local. J'étais prêt à laisser tomber et revenir à la "vraie vie", et je me suis laissé un dernier essai avec le Midway...ce fut le bon !

L.T.O. : Et d'où vient ce nom, Fer à Gus ?

J. : En fait, je voulais un nom qui se rapporte au lieu où j'étais; un peu comme le café de la Poste, le bar de l'Hôtel de ville, etc. mais en un peu plus recherché. Le Fer à Gus fait donc référence au nom de la rue dans laquelle se situe le bar (rue Louis Ulbach). En recherchant qui était ce monsieur Ulbach, j'ai appris que c'était un écrivain journaliste troyen qui signait certains de ces papiers avec le pseudo Ferragus. J'ai de suite adopté le nom puisque en décomposant le mot, on a le fer qui signifie le bar, le comptoir, le zinc et "Gus" qui fait référence, en langage populaire, aux gens en général ("regarde le gus qui arrive"). C'est donc le bar des gens, de tous, Le Fer à Gus.

L.T.O. : On retrouve la définition de Benoît Poelvoorde, qui dit que les plus beaux cafés, c'est ceux où il y a encore des vieux...

J. : ...c'est exactement ça ! Ce que je cherche, c'est que les gens soient heureux et se mélangent, et les bars, c'est un des derniers lieux où les gens se mélangent encore. Je suis heureux de voir que dans ce bar, toutes les classes d'âge sont représentées. Pour cela d'ailleurs, Troyes correspond très bien à l'idée que je me faisais du lieu, avec un côté "ville-campagne" qui me plaît beaucoup !

L.T.O. : Pour en revenir à la thématique de notre série, depuis quand le Fer à Gus propose-t-il de la musique live ?

J. : Depuis le début, la musique a toujours fait partie du projet, même si cela coûte (les consos ne couvrent pas toujours les cachets) et malgré les risques de conflit avec les voisins. Sur ce point, je dois avouer que pour le moment, cela se passe plutôt bien. Toujours dans la philosophie initiale du lieu, j'aime proposer à la fois des dégustations de bières, diffuser du foot, et programmer des groupes. Encore une fois, il faut que les gens et les publics se mélangent !

L.T.O. : Et niveau programmation ?

J. : Personnellement, je suis très branché chanson française festive, du style de la Rue Kétanou, mais la programmation du bar est plus ouverte que mes goûts, on a même eu du punk-métal ! Les artistes sont principalement locaux, parce qu'à mon sens, mettre en valeur la scène locale, c'est à ça que nous servons, dans les bars. Autant te dire qu'entre cet objectif et mes goûts, j'étais vraiment content de faire jouer les Galops ! Néanmoins, cela fait également plaisir d'accueillir des groupes d'ailleurs, il est important que les Troyens ne voient pas que des Troyens. Les concerts ont lieu plutôt le week-end, toutes les deux ou trois semaines.

L.T.O. : Et à court terme, tu nous proposes quoi ?

J. : Samedi 1er décembre, j'accueille Thiecko (https://soundcloud.com/thiecko), un musicien qui propose un reggae roots aux sonorités africaines. Le 5 décembre, l'association Pulsation de l'UTT organise une soirée rock. Un concert est prévu le 15 décembre, mais le groupe reste à confirmer. Le 24 janvier, Jet Lag sera là pour un apéro-concert. Et le mois de février s'annonce intense :


Contact : Le Fer à Gus, 24, rue Louis Ulbach 10000 Troyes

Facebook : @leferagus