Yves Romão : artiste et acteur de la vie culturelle locale

Il est difficile, si vous vous baladez un peu dans Troyes, voire dans l'Aube, d'échapper aux affiches pour l'Incroy'Aube Talent. Ce que l'on sait moins, c'est que derrière ce concours se cache l'association Les Arts Confondus, au rayon d'action beaucoup plus large, y compris au niveau géographique.

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Retour sur un entretien avec Yves Romão, directeur de l'association, et par ailleurs chanteur de plus en plus connu de la scène locale.

Le Troisième Œil : Bonjour Yves, peux-tu nous décrire rapidement les Arts Confondus ?

Yves Romão : L'association est née en 2012, par la rencontre de passionnés d'art, originaires de tous horizons. Cet éclatement géographique est toujours notre marque de fabrique : la trésorière est à Marseille et la présidente à Paris !

L'objectif général de l'association est de rendre l'art et la culture accessibles à tous, et nous avons une volonté d'avoir un rayonnement national, sans doute liée à nos parcours respectifs. Les initiatives envers certains publics particuliers (milieu rural, enfants autistes, pensionnaires d'EHPAD) constituent un moteur essentiel de notre action.

L.T.O. : Quelles sont les réalisations de l'association ?

Y.R. : Nous sommes particulièrement fiers d'avoir monté sur deux ans (2016-2017) un festival itinérant, « Les Arts Confondus », partenaire de l'événement en solidarité à l'autisme « La Traversée Bleue ». Ce festival s'est déplacé de Wimereux, dans le Nord, à Mesnil-Saint-Père, via Gentilly, en région parisienne.

Cette année, le festival itinérant passera par Mesnil-Saint-Père le 22 juillet, il poursuivra par Wimereux, le dernier week-end de juin. Et comme pour les années précédentes, il s'agira d'un festival gratuit...

L.T.O. : Qu'y aura-t-il ?

Y.R. : De tout ! Des concerts, des spectacles, des créateurs, du graff, de la littérature, le tout accompagné d'un vide-grenier. Nous avons déjà des évolutions dans un coin de nos têtes : cinéma, arts culinaires, théâtre...mais cela, ce sera pour les années à venir !

L.T.O. : Localement, vous êtes principalement connus pour être les organisateurs de l'Incroy'Aube Talent...

Y.R. : Oui, mais en fait les choses sont liées, l'idée de l'Incroy'Aube Talent étant de constituer un vivier d'artistes qui pourront intégrer le festival itinérant. Cette année, nous avons eu 20 adultes et 10 enfants, sur différentes disciplines (humour, chant, écriture-composition, théâtre, danse). Les sélections ont eu lieu au Troyes Fois Plus, à l'exception de la danse qui était déplacée à la MAC de Pont-Sainte-Marie.

Les demi-finales se tiendront sur la place de l'Hôtel de Ville le 20 mai, pendant la fête des commerçants, et la finale sera organisée dans le cadre de notre présence aux Foires de Champagne, le 3 juin. Le jury sera composé de Julie Nivet, qui commercialise du Champagne, d'Anne-Claire Vittenet, de l'association Just One Life, d'Annabelle Jaillant et Patricia Quintana de la Maison du Boulanger, ainsi que de Clément Meunier, du Troyes Fois Plus. Le vote du public sera pris en compte pour la finale.

L.T.O. : D'autres réjouissances à court terme ?

Y.R. : Et bien, nous ne serons pas sur les Foires de Champagne uniquement pour l'Incroy'Aube Talent, mais nous serons présents les dix jours. Nous tiendrons un stand avec des animations, de la musique, des déambulations, de l'initiation au graff, des jeux en bois...

Parallèlement, nous assurerons la chorale tout le long du parcours lors du semi-marathon le 13 mai. Tous les volontaires peuvent nous rejoindre, il y aura sans doute une répétition le 12 ! À côté de cela, nous organisons régulièrement des repas à thème à Faux-Villecerf.

L.T.O. : De manière plus personnelle, tu mènes également une carrière de chanteur de ton côté. Peux-tu nous en parler un petit peu ?

Y.R. : Oui, je me produis depuis plus de quinze ans. J'ai déjà sorti un EP et un album, « Mes Racines », en 2010. Je prépare actuellement la sortie d'un nouvel album, toujours en auto-production. Le financement participatif sera lancé à partir du mois de mai.

L.T.O. : Comment décrirais-tu ta musique ?

Y.R. : Chanson pop française. J'écoute aussi bien Yann Tiersen que M ou Vanessa Paradis, voire des choses plus internationales (Beyoncé par exemple). Le prochain album aura sans doute une tonalité un peu plus pop, avec notamment une formation de huit musiciens, dont des cuivres, ce qu'on ne trouvait pas sur le précédent.

L.T.O. : Et au niveau de tes paroles ?

Y.R. : J'essaie d'écrire des textes réalistes. Que mes chansons soient tristes ou joyeuses, le but est qu'elles parlent du quotidien, et que le public y retrouve ses propres émotions et interrogations. À mon sens, que les gens puissent se dire « si j'avais pu l'écrire, je l'aurais dit comme ça » donne un caractère d'utilité publique aux chansons. C'est pour ça que je distille rarement des prénoms ou des lieux dans mes chansons, pour que les chansons puissent parler à tout le monde.

L.T.O. : Pourtant, on se rend compte que beaucoup de tes textes sont écrits à la première personne. Y a-t-il quand-même une part d'autobiographie ou est-ce justement un « je » qui pourrait être n'importe qui ?

Y.R. : C’est tout à fait ça, un « je » qui pourrait être n’importe qui !