Gingolph Gateau... et compagnie !

Artiste bien connu des Troyens, Gingolph Gateau revient sur les planches des scènes de l'agglo pour donner plusieurs représentations de sa dernière création, 21x29,7. La saison 2017-2018 marque également pour cet artiste touche à tout - graphiste, costumier, scénographe, metteur en scène, auteur… - un nouvel essor, avec la création de sa propre compagnie. L'intéressé a confié au Troisième Œil les petits secrets de cette mutation, et des créations à venir...

Image d'illustration de l'article

Le Troisième Œil : - Bonjour Gingolph, et bravo pour cette représentation de 21x29,7 ! Pour être honnête, c'est la première fois que je vois l'un de vos spectacles, ce fut une belle entrée en matière. Ce contrôleur qualité qui brise son carcan d'adulte raisonnable et laisse son âme d'enfant se construire des mondes à partir de simples feuilles de papier en boule... chacun peut s'y retrouver !

Gingolph Gateau : - C'est vrai, et peut-être est-ce dû au fait que l'idée de ce spectacle émane de jeunes enfants… Précisément d'un très sérieux "laboratoire de recherche" mis en place avec des CP-CE1 de Langres en 2016 pendant le festival Tinta'Mars. La spontanéité des enfants est une mine de créativité.

L.T.O. : - Ce spectacle, les troyens ont pu le voir en plusieurs endroits pendant les deux années passées, dernièrement ce 3 octobre à l'espace Gérard Philippe, et à l'avenir, le 25 Avril, au centre culturel Didier Bienaimé. Un élément a cependant changé sur l'affiche : ce sont désormais deux compagnies qui portent le spectacle : Théâtr'âme comme toujours, et… la compagnie Gingolph Gateau maintenant ?

G.G. : - Hé oui ! L'oiseau sort du nid après avoir été couvé amoureusement pendant 12 ans par Danièle Israël, Pierre Humbert et leur compagnie Théâtr'âme. Depuis Avril dernier, la compagnie Gingolph Gateau existe donc officiellement, et sa mise en route effective date de Septembre.

L.T.O. : - C'est tout frais en effet... Qu'est-ce qui vous a incité à créer cette compagnie éponyme ? Comment fait-on le choix de fonder sa propre compagnie ?

G.G. : - C'est un choix d'abord stratégique, et j'avais également envie de me lancer un nouveau défi artistique... exister par moi-même en quelque sorte. Côté stratégie, et là on s'éloigne un peu du rêve qui nous porte en faisant ce métier, il devenait difficile pour deux créateurs de prétendre aux nécessaires subventions pour deux projets tout en étant dans une même compagnie. Par ailleurs, pour des festivals sélectifs comme Avignon, il eût été délicat de nous retrouver en concurrence au sein de la compagnie. Pour le côté artistique, bien que j'aie eu une totale liberté en tant qu'artiste associé à la compagnie Théâtr'âme, est arrivé un moment où l'on a rencontré quelques limites de fonctionnement, tout en gardant d'excellentes relations.

L.T.O : - C'est donc un saut dans l'inconnu...

G.G. : - Pas totalement, car j'avais déjà goûté aux joies de la gestion administrative d'une compagnie de théâtre pendant ces 12 années de couveuse… En revanche, pour la partie artistique, c'est effectivement un peu grisant de me dire que je suis livré à moi-même, et avec une compagnie à mon nom, qui plus est ! J'ai plusieurs projets en cours de travail, c'est stimulant de les poursuivre seul, mais toujours entouré des proches qui constituent le bureau de l'association qui porte ma compagnie.

L.T.O. : - Quels sont ces projets ?

G.G. : - Je retourne dans les chaussures ! La Collection fabuleuse d'Aliester de Naphtalène était décidément trop grande pour tenir dans un seul spectacle... Après plus de 200 représentations, une suite est en préparation. Chose insolite, le Musée international de la Chaussure (car il existe !) de Romans-sur-Isère est très intéressé par cette suite. J'interviens toujours dans des écoles, autour de la Bibliothèque Bleue, et bientôt à nouveau autour de 21x29,7 qui continuera ainsi sa vie... Je suis aussi en cours de travail, après 3 semaines de résidence entre l'Art Déco, le théâtre de la Madeleine et l'espace Gérard Philippe, pour l'adaptation de l'album jeunesse Alors on a déménagé de Peter Stamm et Jutta Bauer. Une vraie petite troupe donnera vie à ce spectacle, mon premier en tant que "directeur de compagnie" : un autre acteur, une costumière, et un créateur son/lumière. A suivre !