Les 740 collégiens du choeur de l'Aube à l'Unisson ouvrent la 29ème édition des Nuits de Champagne

Nos rédacteurs vous font vivre les Nuits de Champagne, nuit après nuit. Découvrez le premier article sur l'envolée du grand Choeur des collégiens de l'Aube à l'Unisson, qui ouvre le festival.

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Dans les longues coursives d'Argence, les enfants piétinent dans un mélange d'inquiétude et d'excitation. Le long processus de montée sur scène des 740 a commencé. Le spectacle commence dans 20 minutes. Un professeur se rassure en chuchotant : "Ils nous font stresser pendant les répétitions, nous donnent du mal mais ils donnent le meilleur au moment du spectacle ; ils se dépassent, on le sait."
Là-haut des vapeurs violettes les attendent dans une clameur : c'est la scène. Soudain un groupe est lancé, puis un autre, selon une savante répartition des placements sur scène. Les voilà lâchés par grappes, comme des parachutistes dans le vide.

Les chansons de Pascal Obispo, ils les travaillent depuis la rentrée avec leur professeur de musique. Celui-ci, en lien étroit avec les chefs du chœur, a suivi un atelier musical "pédagogique" : il y a abordé l'univers du chanteur compositeur, dégagé l'atmosphère du spectacle. Clémence Deglaire, l'administratrice du projet, en est consciente : "Les professeurs ont un rôle très important et sont un relais essentiel ; il faut qu'ils se sentent bien !" A entendre la professeure des Jacobins, Marie Riegel, la mission est remplie : "C'est super, on admire le travail de Stéphanie (Stéphanie Stozicky, la chef de chœur). On s'en inspire pour gérer le rapport aux enfants dans le travail."

Mardi, J moins 5

Imaginez ce fleuve de 740 collégiens, venus comme des ruisseaux de tous les coins de l'Aube, soudain réunis pour former un grand Choeur. Se retrouver tous, "c'est plein de joie ; avec du stress parce que ça approche." La professeure confirme : "C'est une fête pour eux. Ils sont tout de suite dans le bain de l'exigence, investis de quelque chose ; ils sentent que le moment est important."
La "chef" Stéphanie, déploie beaucoup de doigté pour animer l'immense groupe dans une fine alchimie de rigueur et de détente. A 740, l'articulation est cruciale. Au moindre relâchement, au moindre décalage, les paroles sont noyées. "J'ai rien compris, refaites-moi ; il me manque encore des consonnes, mais elles sont en chemin !"

Le meilleur de toi-même

D'Obispo, les élèves de Piney connaissaient déjà Lucie, L'envie d'aimer, Fan. "On se rend compte qu'on a ses chansons dans la tête, il a le talent de la ritournelle qu'on retient", précise une professeure. Les paroles sont tout un programme pour les enfants, à entendre littéralement : "Le meilleur de toi-même / Le meilleur reste à venir".

Ils avaient hâte d'y être et ils y sont : cette grande marée sur scène, peinte en rose, en vert et en jaune par les éclairages de scène. Comme le prévient Pierre-Marie Boccard, le délégué général du festival, ce sera "autant un spectacle qu'un rendez-vous interactif. On va chanter ensemble et c'est très important." On sent l'enthousiasme de Sybille Bertail, vice-présidente du Conseil départemental, au pied des 740 : "Vous êtes l'espoir de demain. Vous offrez plein de passion et de tendresse. C'est une expérience qui va vous faire grandir. Vous n'oublierez jamais." Les professeurs eux-mêmes le savent bien : "On n'a plus le même lien après, avec eux, c'est évident. Quelque chose se crée. La magie des voix fait tout vibrer."

Le spectacle se déploie alors en un vaste dialogue entre les collégiens et le public, invité à chanter à son tour. L'important c'est d'aimer, Zen, Allumer le feu… Un violon aux tendres mélodies en dessine les contours et déroule le fil de la rencontre. Soudain le public s'est soulevé, a crié, tapé du pied dans une grande clameur qui ne pouvait plus s'arrêter. Les enfants observaient, le regard modeste et un peu surpris. Mais qui avait donc déclenché cette ferveur ? C'était bien eux. Ils ne l'oublieront jamais.