Deux artistes troyens à l’œuvre

Félix Bressieux, peintre, et Aliénor Welschbillig, sculpteur plasticien, exposent dans plusieurs endroits de la cité tricasse : le Centre d’Art contemporain / Passages, le musée d’Art moderne et la galerie Phantom Projects Contemporary. Le Troisième Œil les a rencontrés avant leur exposition commune au Mam.

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Le Troisième Œil : - Parlez-nous de votre travail sur les expositions.

Félix Bressieux : - J’ai réalisé des peintures abstraites, car j’ai décidé de ne pas m’arrêter à la réalité formelle des choses mais à la réalité sensible. C’est un langage minimal avec un système logique d’agencement des couleurs, qui fait intervenir la géométrie ou des schémas, comme les tresses exposées au Centre d’Art contemporain / Passages. En fait, je joue sur les couleurs primaires avec une succession de couches de jus d’acryliques très dilués. J’ai également proposé une machine que l’on peut voir uniquement au Centre d’Art contemporain / Passages qui fonctionne deux fois par jour, à 13h et à 17h. Elle propose une vision de ce qu’il se passe à l’atelier et elle invite le public à participer à l’œuvre. Au musée d’Art moderne (MAM), j’utiliserai les outils en parallèle avec la machine lors d’une performance le 10 novembre. Ce sera un hommage à Matisse et à Yves Klein.

Aliénor Welschbillig : Pour ma part, il s’agit de sculptures, voire d’installations, qui naissent et sont générées par le lieu. Je veux qu’il y ait une interaction entre le lieu et la sculpture. Ces dernières mettent en jeu des matériaux relativement simples et bruts comme les tubes de bois ou du ciment au Centre d’Art contemporain / Passages et des tuyaux au musée d’Art moderne. Il y a quelque chose qui m’attire dans ces matériaux, comme avec les tuyaux qui traversent l’espace au MAM, quelque chose d’incongru. C’est mon regard sur les choses, j’aime ce qui est primitif, brut. L’œuvre peut se déployer dans un espace et on ne la voit pas en totalité de prime abord. Il faut créer une déambulation pour la voir entièrement. Il y a donc un rapport avec le corps, une confrontation physique avec la matière et la grandeur de l’œuvre.

LTO : - Vous exposez ensemble à deux endroits ; quel regard portez-vous sur les créations de l’autre ?

F.B. : - Ce que j’aime dans le travail d’Aliénor, c’est la force des matériaux bruts qu’elle utilise et le parcours qu’elle propose avec ses œuvres. Cela m‘a fait poser des questions sur mon accrochage, sur la résonance que je pouvais lui donner. J’ai essayé de rester dans le rythme du parcours qu’elle a instauré avec son installation et du coup, il y a un dialogue qui s’amorce, qui s’instaure. Je joue en quelque sorte avec les matériaux bruts de mes toiles. Ce que je peux ressentir dans les deux façons de travailler, c’est un geste primitif. Partir de la matière première et en sortir quelque chose pour mettre en avant les qualités des matériaux et les gestes de la création.

A.W. : - C’est intéressant de voir son travail en confrontation avec l’autre. Je trouve très belles la couleur et la lumière des créations de Félix vu que, pour ma part, je travaille plutôt sur le côté monochrome et brut des choses. Il s’en dégage une poésie que j’aime regarder et qui me plaît, en confrontation avec mon travail. Nous sommes plutôt complémentaires finalement. Félix utilise des strates, des couches de profondeur. Il y a également une sorte de traversée de la surface dans mon travail.

Informations :

Félix Bressieux et Aliénor Welschbillig

  • Jusqu’au vendredi 8 décembre
  • Centre d’Art contemporain / Passages

Félix Bressieux et Aliénor Welschbillig, œuvres 

  • Présentation d’œuvres contemporaines 
  • Du 28 octobre 2017 au 4 février 2018 
  • Musée d’Art moderne

Félix Bressieux

  • Amongst the animals
  • Jusqu’au 18 novembre
  • Phantom Projects Contemporary

Aliénor Welschbillig

  • Du 25 novembre au12 janvier 2018
  • Phantom Projects Contemporary