Le Pays d'Othe en ébullition #2

Et ça continue du côté d'Aix-en-Othe ! En exclusivité pour Le Troisième Œil, un invité spécial, véritable pilier du Festival en Othe, a bien voulu témoigner du déroulement de sa journée de samedi.

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« Je suis… un pin. Un pin installé là, depuis 52 ans, dans le parc des fontaines, à Aix-en-Othe. Les racines au frais, proches du bassin, et la tête au soleil, je me sens bien ! Une fois par an, des zazous viennent me sortir de ma léthargie en m'envoyant lumière et décibels dans les épines, et croyez-moi ou non, ça me donne un coup de jeune !


Tiens, de jeunes, parlons-en. En cette journée du samedi 9 juillet, j'en ai vus des tas ! Des moyens, des grands, des p'tiots… Il faut dire que le programme était favorable à un public familial, contrairement à hier où y'avait du punk dans l'air ! Non, là, l'après-midi s'est déroulée peinard, dans une ambiance plutôt hip hop bon enfant, avec notamment Pitt Poule (les enfants spirituels du groupe Java, entre le rap musette et le hip hop manouche, je vous laisse imaginer le résultat), ou encore les incontournables Cadavreski.

La sauce a commencé à monter avec La Yegros, une chanteuse venue d'Argentine accompagnée de son groupe. Là-bas, c'est une star de la cumbia argentina, ce style de musique ultra populaire dont le rythme de base (tikiclop, tikiclop…) s'apparente au pas d'un poney sous tranquillisant. Mais par-dessus cette rythmique plutôt cool, il y avait de l'énergie, de la voix et du talent ! Ce style plutôt inattendu sous nos latitudes a vite conquis le public.


C'est à la nuit tombée qu'Ils me sont apparus plus nettement. J'en avais deviné quelques-uns sans trop savoir ce qu'ils étaient… ces petits êtres semblables à des humains, beaucoup plus petits, mais surtout avec deux énormes coques jaunes ou roses fluo à hauteur des oreilles. Ils surnageaient au-dessus de la foule, agités par des mouvements qu'ils ne semblaient pas contrôler. Je ne suis pas né de la dernière pluie, mais il a fallu qu'on m'explique : ce sont bien des humains, mais au stade plantule, et donc très fragiles des oreilles ! Ces coques leur ont été prêtées par des âmes charitables du Polca (Pôle régional musiques actuelles de Champagne-Ardenne), qui distribuait des casques anti-bruit pour les enfants, et des bouchons pour les plus grands. Une bien belle idée !


Les seuls énervés de la soirée, c'étaient les Klink Clock. Ce couple guitare/batterie et chant m'a dérouillé les branches avec son rock tendance hard et ses ambiances plutôt torturées. Leur maîtrise, leur diversité et leur patate m'ont sorti de ma légère léthargie de fin de journée.


Retour au cool avec la très très attendue Rue Kétanou, qui faisait son grand retour, dans un format un peu différent de l'habituel trio. Une percussionniste avec eux, et des invités locaux (ou pas), un guitariste virtuose notamment, et l'inattendu, le foutraque et drôlissime Loïc Lantoine, avec son style de danse si… particulier. Les fans en redemandaient, et les quelques - rares - qui ont découvert la Rue ce soir-là auront profité d'une version augmentée du groupe, ce qui lui conférait une énergie supplémentaire.


A mesure que la nuit avançait, les vibrations telluriques, que je perçois si bien avec mes racines, se sont faites plus présentes. Venues du fond des âges, invoquées à présent par le combo Didgeridoo / percussions et Hang de Jeremy Nattagh, elles ont finalement fait surface. Place à la transe…

Le relais a été rapidement pris par le duo Organic Bananas. Je n'ai d'abord pas bien distingué ce que les projecteurs me dessinaient sur les branches. Une vielle à roue ? Accompagnée d'un entrelacs de machines et de câbles ? Inattendu, déstabilisant au début (je vous ai bien vus hésiter au début du concert, amis humains !), ce mélange s'est révélé explosif. Les sons de la vielle transformés par une machinerie impressionnante m'ont mené avec vous dans l'un de mes plus hauts trips ! Une incroyable créativité pour façonner des ambiances survoltées, modernes, avec un instrument moyenâgeux.


Après une bonne nuit et une matinée de repos, on recommence demain midi. Soyez au rendez-vous ! Et si vous me repérez, n'hésitez pas à m'interroger : j'ai 26 éditions du Festival en Othe à vous raconter !